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Article – Adopter un comportement socialement responsable doit devenir une nécessité pour les entreprises
19.10.2012, 15:13 (CET)
Ces dernières décennies, la notion de responsabilité sociale des entreprises est entrée dans le vocabulaire courant. Recouvrant les actions volontaires des entreprises allant au-delà des obligations juridiques qui leur incombent à l’égard de la société et de l’environnement, la responsabilité sociale des entreprises doit devenir une partie intégrante de leur stratégie, estime l’Union européenne. Aujourd’hui vendredi 19 octobre, la Présidence chypriote organise une conférence à l’hôtel Crowne Plaza de Limassol (Lemesos) avec pour objectif que les entreprises fassent preuve de transparence en ce qui concerne leur impact sur la société dans son ensemble.

Même si la ‘responsabilité sociale des entreprises’ n’a été définie comme telle que ces dernières années, la question des responsabilités que les entreprises doivent assumer à l’égard de la société dans laquelle elles opèrent n’est pas nouvelle. En fait, elle remonte peut-être à l’origine même de l’entreprise.

Dans une nouvelle définition proposée l’an dernier par la Commission européenne, la RSE est décrite comme étant “la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société.” La Commission estime que les entreprises devraient volontairement mettre en place des processus destinés à intégrer les préoccupations en matière sociale, environnementale, éthique, de droits de l’homme et de consommateurs dans leurs activités commerciales et leur politique, en collaboration étroite avec leurs parties prenantes.

RSE – Avantages pour la compétitivité

Sur la foi de rapports élaborés pour savoir si la RSE est bénéfique d’un point de vue commercial, et notamment du rapport 2008 sur la compétitivité européenne, la Commission européenne estime qu’une approche stratégique de la RSE revêt une importance croissante pour la compétitivité des entreprises.

“Se comporter de manière socialement responsable ne signifie pas nécessairement que les entreprises doivent en faire plus, mais qu’elles doivent faire mieux et plus efficacement les mêmes choses”, explique George Georghiou, secrétaire d’Etat au Bureau du plan de la République de Chypre, qui coordonne la question de la RSE sur l’île.

“Il s’agit d’un élément important pour accroître leur compétitivité puisqu’elle peut présenter des avantages en termes de gestion des risques, de réduction des coûts, d’accès au capital, de relations avec la clientèle, de gestion des ressources humaines et de capacité à innover.”

Contribution à la réalisation des objectifs du traité sur l’Union européenne

En adoptant un comportement socialement responsable, les entreprises peuvent contribuer de manière significative à atteindre les objectifs fixés par le traité sur l’Union européenne en ce qui concerne le développement durable et une économie sociale de marché hautement compétitive. La RSE s’inscrit dans le droit fil des objectifs de la stratégie Europe 2020 pour une croissance intelligente, durable et inclusive. Au fond, elle propose un socle de valeurs sur lequel bâtir une société plus solidaire et sur lequel fonder la transition vers un système économique durable.

Voilà ce qu’a déclaré le vice-président de la Commission européenne chargé de l’industrie et de l’entrepreneuriat Antonio Tajani dans un discours prononcé cette année.

“Cela a souvent été dit, mais il faut encore le souligner : la RSE est plus importante que jamais. Elle représente les premiers pas d’une transition vers un système radicalement différent de celui que nous avons connu. Ce sera un système où les concepts de compétitivité d’une part, et de développement durable d’autre part, deviennent de plus en plus semblables”, a affirmé M. Tajani.

Au sein de l’Union européenne, la publication dès 2001 du livre vert sur la responsabilité sociale, qui visait à susciter un débat sur la RSE à l’échelon européen, atteste le rôle pionnier joué par la Commission dans l’établissement d’une politique publique en faveur de la RSE. Etant donné qu’il existe un certain nombre de principes et d’instruments internationaux destinés à aider les entreprises à adopter un comportement socialement responsable, la Commission n’a pas voulu ajouter à cette pléthore mais plutôt guider les entreprises dans le choix d’instruments en la matière qui pourraient leur convenir. Parmi ceux-ci figurent les principes directeurs de l’OCDE pour les entreprises multinationales et le Pacte mondial des Nations unies.

Avancées importantes

En 2006, la Commission européenne a lancé une politique intitulée ‘Faire de l’Europe un pôle d’excellence en matière de responsabilité sociale des entreprises’ dont le thème principal était le franc soutien accordé à une initiative appelée l’alliance européenne pour la RSE dont l’idée vient des entreprises. Depuis lors, un certain nombre d’indicateurs positifs ont montré que l’Union européenne progressait.

Le nombre d’entreprises de l’UE qui ont adopté jusqu’aux dix principes RSE du Pacte mondial des Nations unies est passé de 600 en 2006 à plus de 1900 en 2011. Cette même année, plus de 1000 organisations supplémentaires ont enregistré des entités auprès du système communautaire de management environnemental et d'audit (EMAS) et le nombre d’entreprises européennes qui ont publié un rapport sur le développement durable conformément aux lignes directrices de la Global Reporting Initiative s’élevait à 850, alors qu’il était de 270 cinq ans plus tôt. On pourrait citer de nombreux autres exemples de nette amélioration de ce type.

Les problèmes demeurent

En dépit des progrès réalisés, des problèmes importants demeurent. Dans l’UE, les entreprises sont nombreuses à ne pas avoir encore pleinement intégré les préoccupations d’ordre social et environnemental dans leurs activités et leur stratégie.

Une petite minorité d’entreprises européennes continuent d’être mises en cause pour atteinte aux droits de l’homme et non-respect des normes du travail. En fait, sur les 27 États membres de l’UE, 12 n’ont pas de cadres stratégiques nationaux visant à promouvoir la RSE.

Selon la dernière communication de la Commission sur la question, qui a été publiée l’an dernier et vise à renouveler les efforts déployés pour promouvoir la responsabilité sociale des entreprises, la RSE est encore plus pertinente aujourd’hui qu’il y a quelques années.

“La crise économique et ses conséquences sociales ont quelque peu mis à mal la confiance des consommateurs et le degré de confiance dans les entreprises. Elles ont cristallisé l’attention du public sur la performance sociale et éthique des entreprises”, lit-on dans le document de 2011.

La Commission s’est engagée à collaborer avec les États membres, les entreprises et les autres parties prenantes afin d’assurer un suivi régulier des progrès réalisés et elle préparera une réunion conjointe de réexamen qui se déroulera d’ici la mi-2014. Elle a par ailleurs appelé les chefs d’entreprise européens, y compris les chefs d’entreprise du secteur financier, à prendre avant la fin de l’année l’engagement public d’encourager un nombre beaucoup plus élevé d’entreprises de l’UE à adopter un comportement responsable, en fixant des objectifs clairs pour 2015 et 2020, et de rendre compte du respect de cet engagement.

Améliorer la sensibilisation et encourager la transparence

Aujourd’hui 19 octobre, la Présidence chypriote organise une conférence sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) durant laquelle des fonctionnaires du Parlement européen, de la Commission et des Etats membres et des représentants de la communauté des entreprises au sens large échangeront avis et meilleures pratiques. La conférence est organisée par le Bureau du plan en coopération avec la Cyprus University of Technology, la Chambre de commerce et d’industrie de Chypre et le CSRCyprusNetwork.

“L’objectif de la conférence est de mieux faire comprendre aux parties prenantes ce qu’est la responsabilité sociale des entreprises, d’améliorer la sensibilisation en diffusant les meilleures pratiques et l’expérience d’autres entreprises et d’encourager la transparence", déclare Georghia Christofidou-Solomonidou au nom des organisateurs de la conférence.